Les marques cosmétiques nordiques associent souvent des formules épurées à des preuves exigeantes. Les dérivés de rose turque, l'huile de laurier, les fractions d'origan et les huiles de graines pressées à froid peuvent convenir à cette approche, mais l'origine botanique ne constitue pas à elle seule un titre d'accès au marché. Les acheteurs ont besoin d'une composition assez transparente pour l'évaluation réglementaire, l'examen environnemental et, dans certains projets, la vérification du Nordic Swan Ecolabel.
Un socle de sécurité commun à toute la région
Le Danemark et la Suède appliquent, comme États membres de l'UE, le règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques. Pour un cosmétique fini, ce cadre impose une Personne Responsable établie dans l'UE, une évaluation de sécurité et un dossier d'information sur le produit, un étiquetage conforme, de bonnes pratiques de fabrication et une notification CPNP avant la mise sur le marché. Les restrictions d'ingrédients figurant dans les annexes s'appliquent à la formule quel que soit le pays d'origine de la plante.
Il s'agit principalement d'obligations relatives au produit fini. Un producteur turc ne devient pas la Personne Responsable du seul fait qu'il fournit un ingrédient et ne notifie pas cette matière première dans le CPNP. En revanche, des données incomplètes sur les constituants, les impuretés ou les allergènes peuvent empêcher l'évaluateur de fixer une concentration d'emploi sûre. REACH et CLP peuvent également s'appliquer à la matière première comme substance ou mélange.
La Norvège suit la voie de l'EEE, sans être membre de l'UE
La Norvège est un État de l'EFTA appartenant à l'Espace économique européen (EEA), et non un État membre de l'UE. L'EEE l'intègre au marché intérieur et transpose les règles européennes pertinentes sur les produits dans le droit norvégien. L'autorité norvégienne de sécurité alimentaire décrit la législation cosmétique nationale comme presque identique au règlement 1223/2009, tout en signalant quelques exceptions.
Certaines mentions d'étiquetage du produit fini doivent être en norvégien, et les fabricants norvégiens ainsi que les importateurs et grossistes concernés doivent s'enregistrer auprès de l'autorité. Un exportateur turc ne doit pas prétendre que le seul statut européen suffit pour un lancement en Norvège : le client ou la Personne Responsable doit vérifier les obligations locales relatives à l'opérateur et à la langue. Un dossier technique peut soutenir les évaluations dans l'UE et en Norvège, mais l'autorisation de mise en vente reste propre à chaque marché.
Le contrôle danois dépasse la conformité de la formule à l'UE
L'agence danoise de protection de l'environnement, Miljøstyrelsen, confirme que les cosmétiques sont largement harmonisés par le droit de l'UE. Le Danemark complète néanmoins ce cadre par des règles administratives, linguistiques et de contrôle : les mentions obligatoires de l'étiquetage du produit fini doivent être en danois. Il conserve aussi des mesures nationales dans des domaines définis, notamment certains parabènes dans les cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois ans et une interdiction relative aux microplastiques dans les cosmétiques à rincer.
Ces mesures régissent les produits mis sur le marché danois, et non chaque fût d'huile botanique. Elles comptent toutefois en amont : les acheteurs ont besoin de connaître les supports, conservateurs, polymères et auxiliaires de procédé pour déterminer si une formule relève d'une restriction. Une déclaration limitée à « extrait naturel » est commercialement faible.